Jeudi 03 avril 2025

Société

Une femme qui prouve sa capacité à diriger

Une femme qui prouve sa capacité à diriger
Frida Ndagijimana : « Les femmes sont tout à fait capables de diriger »

La majorité des citoyens de la colline Gashasha se réjouissent de la gouvernance de leur cheffe, Frida Ndagijimana. Pendant quatorze ans, elle est à la tête de cette colline située dans la zone Kigwena, commune Rumonge. Cependant, certains habitants émettent des réserves sur ses capacités.

Frida Ndagijimana, mère de huit enfants, est devenue cheffe de colline en 2005 pour un mandat de cinq ans. Elle a ensuite été cheffe de la zone Kigwena de 2010 à 2015, avant de retrouver son poste initial. En reconnaissance de son engagement, l’ancien chef de l’État burundais, feu Pierre Nkurunziza, lui a décerné un certificat d’honneur en 2015, lors de la célébration de la Journée des droits de la femme. Son mandat s’achèvera avec les élections législatives de 2025.

« J’apprécie la manière dont notre cheffe de colline gouverne. Elle réagit rapidement aux problèmes. Par exemple, en cas de conflits conjugaux, elle intervient sans tarder pour apaiser les tensions. Sa gestion garantit l’ordre sur notre colline », témoigne une habitante. Elle se félicite également de son engagement en faveur des droits des femmes. Selon plusieurs témoignages, les violences basées sur le genre ont diminué sous son mandat. « Avoir une femme à la tête de la colline est un privilège. Les femmes maltraitées osent davantage parler et demander justice », ajoute-t-elle.

Des progrès concrets ont été réalisés sous sa gouvernance. « Des écoles ont été construites, une usine de transformation de l’huile de palme est en cours construction et nous réparons régulièrement les routes lors des travaux de développement communautaire. Chaque week-end, elle mobilise la population pour ces activités », précise une autre citoyenne.

Une autre habitante, Donatienne Nsengimana, loue son impartialité. « Elle ne fait aucune distinction entre riches et pauvres. Tout le monde est traité de manière égale. C’est pourquoi nous l’avons réélue à plusieurs reprises », explique-t-elle. Toutefois, elle estime que le développement de la colline pourrait être renforcé. « Le prochain dirigeant devra aller plus loin, notamment en traçant de nouvelles routes et en construisant des ponts », ajoute-t-elle.

Un commerçant de la colline témoigne que la cheffe a mené une lutte efficace contre les « ligalas » et les vols notamment dans les champs. « Elle a mis en place une équipe de sécurité qui patrouille la nuit. Ce qui a dissuadé les voleurs. Elle s’est également opposée aux perquisitions improvisées des forces de l’ordre, exigeant qu’elles se fassent dans le respect des règles du métier », indique-t-il.

Des reproches

Cependant, certains citoyens ont quelques reproches à l’endroit de la cheffe de colline. Un homme parle d’une préférence en faveur des natifs de la province lors de la distribution des aides alimentaires. D’autres habitants estiment que la gestion des conflits conjugaux est parfois partiale. « Les hommes sont souvent mis en détention sans avoir la possibilité de s’expliquer alors que les femmes bénéficient d’une écoute plus attentive », affirme un autre homme sous anonymat. Un autre habitant relève ses inquiétudes par rapport à la collaboration entre la cheffe de colline et ses quatre conseillers qui sont tous des hommes. « L’un d’entre eux ne s’entend pas avec elle. J’ai peur que cela ne freine les progrès de notre colline ».

Frida Ndagijimana partage sa vision du leadership. « Les citoyens veulent une administration juste où ils sont servis sans favoritisme et sans exiger quoi que ce soit en retour. Il faut être prêt à les aider dans leurs besoins », explique-t-elle. Elle reconnaît que certains ne la soutiennent pas. « Il est impossible de plaire à tout le monde. Beaucoup d’hommes m’en veulent d’avoir combattu la polygamie. Ce qui ne joue pas en leur faveur », souligne-t-elle.
Elle note que des tensions surviennent souvent lors de la distribution des aides alimentaires qui sont destinées aux réfugiés et aux personnes vulnérables. « Certains veulent en profiter alors qu’ils ont les moyens de subvenir à leurs besoins », observe-t-elle.

Intégrer les partis politiques

Parmi les obstacles qu’elle rencontre, elle cite la résistance de certains hommes. « Un de mes conseillers n’a pas accepté que j’aie reçu plus de voix que lui. Il refuse de collaborer dans les activités qui se déroulent sur la colline. Par ailleurs, des rumeurs visant à ternir mon image ont circulé, mais la Police anticorruption a mené une enquête et j’ai été blanchie », affirme-t-elle.

Malgré ces défis, elle encourage les femmes à s’impliquer davantage en politique. « Il faut qu’elles intègrent les partis politiques pour espérer être élues », conseille-t-elle. Elle se réjouit que plusieurs femmes de sa colline aspirent à des postes électifs. Certaines sont déjà notables collinaires ou conseillères communales. Elle espère une plus grande participation féminine dans l’avenir.

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