Au sommaire de cette édition consacrée à la région : au Kenya le week-end dernier, plusieurs femmes ont manifesté contre les femicides, la RDC et l’Ouganda rapatrient une cinquantaine d’ex rebelles ADF après déradicalisation, en RDC, les évêques du Burundi, de la RDC et du Rwanda ont visité les déplacés de Lushagala à Goma et le Rwanda s’engage avec le géant minier anglo-australien Rio Tinto pour l’exploitation de lithium.
Burundi, RDC et Rwanda : Visite des Évêques aux Déplacés de Lushagala
Des évêques du Burundi, de la RDC et du Rwanda ont visité les déplacés de Lushagala à Goma, selon Radio Okapi. Le camp de Lushagala abrite environ 53000 personnes ayant fui la guerre dans le territoire de Masisi.
L’évêque du diocèse de Rwengeri au Rwanda, Mgr Vincent Harolimana, a exprimé la solidarité de la délégation avec la souffrance des déplacés, appelant à la paix dans la sous-région.
Les évêques ont invité les acteurs régionaux à œuvrer pour la paix afin de soulager les populations de cette souffrance. Cette initiative, menée par les églises d’Afrique centrale, vise à promouvoir la paix dans la région des Grands Lacs.
RDC et Ouganda : Rapatriement des Ex-Rebelles ADF
La République Démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda ont conjointement rapatrié une cinquantaine d’ex-rebelles appartenant au groupe Allied Democratic Forces (ADF) après les avoir soumis à un processus intensif de déradicalisation.
La cérémonie officielle de rapatriement a eu lieu à Kasindi, dans le territoire de Beni, en présence du colonel Okoko Bokeon pour la partie congolaise et du général Dick Olum pour l’Ouganda.
Ces ex-rebelles comprennent d’anciens combattants, des transfuges et des mineurs non accompagnés secourus lors de l’opération Shujja dans l’est de la RDC.
L’ONG américaine Bridgeway a indiqué que l’Ouganda avait remis 50 ex-ADF à la RDC pour réinsertion dans la communauté, tandis que la RDC a remis quatre rebelles d’origine ougandaise à Kampala.
Ces individus ont bénéficié d’un programme de réhabilitation de trois mois comprenant des séances de prise en charge psychologique et de déradicalisation avant leur réintégration communautaire.
Ce rapatriement conjoint illustre les efforts des deux pays pour lutter contre l’insurrection et restaurer la paix dans la région troublée de l’est de la RDC. Malgré les défis persistants, cette démarche représente une étape significative dans la démobilisation des groupes armés et la recherche d’une solution pacifique aux conflits qui ont ravagé la région pendant des décennies.
Rwanda : Partenariat avec Rio Tinto pour l’Exploitation du Lithium
Le Rwanda a signé un accord avec le géant minier anglo-australien Rio Tinto pour l’exploration et l’exploitation du lithium dans le pays. Cet accord, annoncé le 29 janvier, reflète les efforts du gouvernement rwandais pour moderniser son secteur minier.
Yamina Karitanyi, PDG de la Rwanda Mines, Petroleum and Gas Board, a souligné que l’entrée de Rio Tinto sur le marché témoigne de la détermination du Rwanda à libérer le potentiel de son secteur minier.
Lawrence Dechambenoit, responsable mondial des affaires extérieures de Rio Tinto, s’est dit ravi de s’associer au gouvernement rwandais pour accélérer la recherche de gisements de lithium dans la province occidentale du pays.
Le secteur minier rwandais vise à atteindre un objectif d’un milliard de dollars de recettes d’ici 2023, selon Yamina Karitanyi, lors d’une conférence sur l’exploitation minière au Rwanda en août dernier.
Le lithium est un matériau essentiel dans la fabrication des batteries utilisées dans les véhicules électriques et les appareils électroniques, ce qui confère à cet accord une importance stratégique pour le développement économique du Rwanda.
Kenya : Manifestations contre les Femicides
Selon France 24, ce samedi, plusieurs femmes kényanes sont descendues dans les rues pour protester contre les féminicides qui secouent le pays. Organisées par des associations de défense des droits des femmes, ces manifestations ont été déclenchées après le meurtre de deux jeunes femmes en l’espace de deux semaines, portant le total à au moins 14 femmes tuées depuis le début de l’année.
Les manifestants ont arboré des pancartes avec des messages forts dénonçant ces violences, affirmant que rien ne justifie le meurtre de femmes. Ils ont également exprimé leur colère envers les représentants politiques, notamment envers Esther Passaris, représentante parlementaire des femmes, accusée d’avoir gardé le silence face à cette vague de meurtres.
Selon Odipo Dev, une société de recherche, près de 5000 femmes ont été tuées dans des actes de féminicide entre janvier 2016 et décembre 2023. Eric Theuri, président de l’Ordre des avocats du Kenya, a souligné que les affaires de violence sexiste prenaient trop de temps à être traitées par les tribunaux, ce qui, selon lui, encourage les auteurs à commettre ces crimes.