Le procès en appel de la journaliste burundaise Sandra Muhoza initialement prévu ce mardi 4 mars a été reporté. Son nom n’apparaissant pas sur la liste des détenus appelés à comparaître en raison d’une erreur administrative. Reporters sans frontières (RSF) condamne cette situation et exige sa libération immédiate.
« Son procès n’a pas eu lieu aujourd’hui en raison d’une erreur administrative, les autorités ont initialement fourni une date incorrecte », a déclaré Me Prosper Niyoyankana à Iwacu, précisant que la première audience en appel de sa cliente est fixée pour le 11 mars 2025.
Sandra Muhoza est en prison depuis près d’une année. En décembre 2024, le Tribunal de Grande Instance de Mukaza l’a condamnée à 21 mois de détention pour avoir relayé, dans un groupe WhatsApp de journalistes, une information sur une présumée distribution d’armes blanches (machettes) par le gouvernement. Elle est poursuivie pour « atteinte à l’intégrité du territoire national » et « aversion raciale ».
Face à cette sentence jugée ’’disproportionnée’’, son avocat, Me Prosper Niyoyankana, a fait appel, espérant obtenir une libération provisoire. Mais le parquet, en faisant également appel, a bloqué cette possibilité sur le plan juridique.
RSF dénonce une répression contre la presse
Cette décision suscite l’indignation de RSF, qui fustige l’acharnement des autorités contre la journaliste et réclame sa libération immédiate. « Sandra Muhoza n’aurait jamais dû être arrêtée ni condamnée. Alors que le pays s’achemine vers des élections législatives cruciales, les autorités doivent définitivement mettre fin à la répression du journalisme », a déclaré Sadibou Marong, Directeur du bureau Afrique Subsaharienne de RSF dans un communiqué publié ce mardi 4 mars.
Il rappelle que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de « restriction des libertés de la presse au Burundi, alors que les élections législatives approchent ».
Sadibou Marong souligne que le cas de Sandra Muhoza rappelle celui de Floriane Irangabiye, animatrice de la radio Igicaniro, condamnée en 2023 à dix ans de prison pour des accusations jugées fallacieuses. Après plus de 700 jours de détention, elle a finalement bénéficié d’une grâce présidentielle en août 2024.
Dans un communiqué sorti le vendredi 28 février, 20 organisations de défense des droits humains dont la plupart des représentants vivent en exil depuis la crise de 2015, condamnent les irrégularités judiciaires qui ont émaillé ce dossier et demandent au gouvernement burundais de « libérer immédiatement et sans condition la journaliste Sandra Muhoza en détention arbitraire depuis le 13 avril 2024 ».