Samedi 05 avril 2025

Archives

Regideso/ Grogne des clients devant l’unique caisse prépaiement de l’électricité pour toute la ville de Bujumbura

05/05/2013 Commentaires fermés sur Regideso/ Grogne des clients devant l’unique caisse prépaiement de l’électricité pour toute la ville de Bujumbura

L’unique guichet de la Regideso qui vend les unités d’électricité était débordé cette soirée de ce lundi, 19 décembre. Les clients se lamentaient et se demandaient si la direction commerciale prenait en considération leurs suggestions de décentraliser ce service.

<doc2387|left>Mardi, 20 décembre 2011, à 8h03. Le téléphone de la direction commerciale de la Regideso sonne longuement avant que quelqu’un ne décroche. Au but du fil, un planton : « Réessayez vers 9 heures. Peut être que la secrétaire vous informera de la disponibilité du directeur commercial. »

9 heures ! C’est l’heure du début des activités à la direction commercial de la Regideso, société qui détient le monopole de vente et de distribution de l’eau et de l’électricité dans tout le pays. Pourtant, il y a un problème, « très sérieux » selon un client rencontré la veille devant l’unique guichet de la section compteurs à prépaiement de l’électricité : « Cela devient insupportable ! Je suis ici depuis plus d’une heure à attendre mon tour pour acheter les unités d’électricité. », s’énerve Jean qui se demande à quoi finalement sert la boîte à suggestion bien collée au mur dans le hall.

Justement, ce lundi, 19 décembre, à 19h33 minutes, une quarantaine de clients faisait la queue devant ce guichet. Mme Fatou, venue de Kibenga (sud de la ville) s’inquiète de l’obscurité dans laquelle elle va passer toute la nuit si elle rentre sans les unités d’électricité, alors qu’elle allaite : « J’ai peur d’utiliser une bougie. On ne sait jamais. Elle pourrait enflammer la moustiquaire et, partant, toute la maison. »

Même la vendeuse, derrière le guichet, semblait épuisée par ces gestes qu’elle exécutait mécaniquement pour recevoir l’argent et les codes des clients avant de tout enregistrer dans l’ordinateur et sortir la petite facture qui fait également office de carte d’unités: « Je me demande si elle ne va pas finir par faire des erreurs à ce rythme », s’inquiète Paul venu de Kinama (Nord de la ville) après avoir fermé sa boutique.

Selon lui, la Regideso devrait prendre au sérieux les suggestions de ses clients : « J’ai déposé dans cette boîte à suggestion des propositions pour améliorer cette situation. Par exemple que la société crée d’autres guichets dans les communes urbaines pour désengorger ce service et ainsi attirer plus de clients par cette facilité. Un peu comme font les sociétés de téléphonie mobile », gesticule le commerçant dans un swahili mélangé à du kirundi.

Peut être il aura la chance de rentrer servi, tout comme 7 autres personnes qui le précèdent et avant la trentaine de clients alignés derrière lui. Puisque le guichet ferme à 20 heures, comme l’indique une note de la direction commerciale affichée dans le hall : « Les caisses prépaiement sont ouverts tous les jours de 7h30 à 20h. »

Le planton avait raison. Lorsque le téléphone sonne ce 20 décembre à 9 heures, c’est la secrétaire qui décroche mais doute que le directeur commercial puisse avoir du temps pour réagir aux lamentations des clients : « Il se prépare pour une réunion », répond-elle gentiment. En tentant de joindre Claver Ndayizeye sur son téléphone portable, seule une longue minute de sonnerie confirme les craintes de sa secrétaire.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.