Ces 28 et 29 juillet 2011, Initiatives et Changements Burundi avait rassemblé, dans l’une des salles du Centre Suédois de Kinindo, politiciens et société civile pour reparler « Justice transitionnelle. »
Une quarantaine de participants revoient les quatre mécanismes de la justice transitionnelle. D’un désaccord à une entente, l’atmosphère passe du calme à la tension. Il s’agit d’échanger, dans quatre commissions, sur les quatre mécanismes : vérité, justice, réparation, réforme institutionnelle.
Un travail similaire ayant été effectué au cours des consultations nationales, IC-Burundi organise ces débats pour enrichir le rapport final de ces consultations. Après de longs échanges dans les carrefours, un rapport est soumis à l’assemblée pour validation. Très difficile d’arriver à un compromis.
Entre-temps, la salle se vide petit à petit. Une polémique naît : expérience professionnelle des magistrats burundais qui seraient proposés pour le Tribunal Spécial pour le Burundi. Pour certains, ces magistrats devraient avoir au moins 15 ans d’expérience.
Pour d’autres, nul besoin de préciser le nombre d’années. Un autre propose au moins 5 ans « pour donner la chance aux jeunes magistrats qui, probablement, n’ont pas les mains sales. »
Les participants ne parviennent pas à s’entendre, parfois même s’emportent. Une idée stipule qu’on craint de ne pas trouver « des magistrats hutus » avec 15 ans d’expérience, pour question d’équilibre ethnique. « Faux ! On ne peut pas en manquer d’autant plus qu’on propose un total de quatre burundais seulement (sur 3 étrangers) », estime un intervenant.
Le modérateur, ex-officier militaire, est lui-même dépassé par ceux qui interviennent en désordre et met en garde un officiel de la Présidence : « Ecoute, je peux même te faire sortir, je n’en ai pas peur », lance-t-il. Le consensus retombe finalement sur 15 ans d’expérience (non sans frustration des uns).
Alors qu’on est encore à la validation du 1e mécanisme, l’heure de clôturer l’atelier sonne, la salle déjà à moitié vide. Haruna Nkunduwiga propose alors que le texte soit envoyé dans les boîtes électroniques des différents participants pour « réaction électronique », et que le secrétariat de IC-Burundi finalise le rapport.
Entre-temps, un membre de l’atelier se sera aussi posé la question de la finalité de ce nième rapport. « La question n’est pas uniquement burundaise, elle est aussi internationale. Je suis sûr qu’il y en aura qui vont tenir compte de nos recommandations pour que le Burundi retrouve sa stabilité », espère Frédéric Bamvuginyumvira.