Réagissant à la présence des militaires burundais en Somalie, Jean-Marie Ntahimpera explique pourquoi il soutient la présence du Burundi en terre somalienne. Outre l’argent que les militaires et l’Etat burundais reçoivent, il ne faut pas oublier l’aspect diplomatique de notre présence en Somalie. Un ami consultant des Nations Unies dans un pays africain me disait : aussi longtemps que le Burundi aura des troupes en Somalie, le pouvoir de Nkurunziza aura toujours le soutien de ladite "communauté internationale", les Nations Unies et les États Unis d’Amérique en tête. En effet, la mission en Somalie, même si elle porte le drapeau de l’Union Africaine, se trouve dans la droite ligne du projet états-unien de "lutte contre le terrorisme". ______________ > [La Somalie à tout prix->http://www.iwacu-burundi.org/spip.php?article1205] ___________________ Les Etats-Unis étant occupés par deux fronts les plus stratégiques de cette lutte, en Irak et Afghanistan, voudraient que leurs alliés africains s’occupent du dossier somalien, pays dangereux, mais pauvre et sans grande importante stratégique. En engageant des troupes sur un terrain aussi dangereux comme la Somalie, Nkurunziza est devenu un des alliés de première heure des USA dans la lutte contre le terrorisme sur le continent africain. On sait que la lutte contre Al Shabab, comme la lutte contre les Talibans en Afghanistan et au Pakistan, est ingagnable. Mais là n’est pas la question. L’important pour le régime de Bujumbura est d’avoir le soutien des grandes puissances, faute de disposer d’autres moyens d’attraction. Ce soutien devient plus indispensable surtout quand la légitimité intérieure devient contestable, comme c’est le cas après les élections contestées de 2010. Je soutiens la présence du Burundi en Somalie, pour des raisons officielles et non officielles. En effet, l’Union africaine a joué un grand rôle pour que le Burundi retrouve sa paix fragile, il n’y a pas de raison que notre pays ne donne pas son coup de main aux autres pays du continent qui nous donneraient l’honneur de solliciter notre soutien. Question de reconnaissance. La deuxième raison est qu’on ne peut pas être plus catholique que le pape. En effet, si les soldats, caporaux et officiers, trouvent que servir en Somalie est une chance qui ne se présente qu’une seule fois, je ne vois pas pourquoi on leur priverait de cette opportunité. Après tout, nos soldats, qu’ils soient de l’ex-FAB ou des ex mouvements rebelles,ont exposé leur vie pour pas grand chose, que ce soit dans la guerre civile intérieure ou au Congo. La mort d’un soldat au combat est un accident, au même titre que celle d’un citoyen ordinaire !