« Avant de nommer un procureur, une commission devrait d’abord étudier la personne. Il faudrait connaître ses qualités, ses caractéristiques et ses compétences, parce que les valeurs ou la personnalité qu’il n’a pas développées au cours de sa vie, ne vont pas le guider et encore moins définir son comportement parce qu’il est nommé procureur ou juge », s’indigne Jean-Marie Nshimirimana, le représentant de l’association Ntabariza-SPF (Solidarité avec les prisonniers et leurs familles).
Selon lui, il y a des procureurs qui ne sont pas tendres avec les gens, il y en a même ceux qui ont la réputation d’être méchants : « Nous avons toujours dit que souvent ce sont les malfaiteurs qui sont libérés au moment où les innocents restent en prison. Heureusement le Président nous a entendu et nous le remercions car il a pris les choses en main ».
D’après Jean-Marie Nshimirimana, il y a eu des avocats qui ont fait miroiter la grâce présidentielle à certains prisonniers mais c’était pour leur extorquer de l’argent. « Nous avons des preuves et nous les présenterons bientôt au procureur général de la République. Nous allons les dénoncer. Ils vont nous dire clairement comment est-ce qu’un avocat peut promettre à une personne qui a bénéficié de la grâce présidentielle qu’il va plaider pour lui devant la commission pour que la personne puisse rentrer chez elle ».
Pour lui, il y a des personnes qui ne devaient pas occuper les places qu’ils ont dans le pays. « Il faut qu’on embauche une personne sans tenir compte de son parti politique, sans tenir compte de son ethnie ou de sa province natale. C’est à ce moment-là que nous atteindrons la vision du Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 ».
Le représentant de l’association Ntabariza a ajouté qu’il n’apprécie pas la façon dont les personnes emprisonnées sont détenues. « Une prison qui devrait avoir 800 personnes, compte aujourd’hui 5 000 prisonniers. Cela montre que les droits des prisonniers ne sont pas respectés »
Il a enfin appelé les procureurs qui traînent avec les dossiers des prisonniers en les mettant dans leur tiroir à faire preuve d’empathie afin que justice soit rendue dans un temps raisonnable. « Qu’il y ait des règles claires. Comment est-ce qu’un procureur peut-il garantir la bonne foi d’une personne inculpée par un tribunal ? Même si le pouvoir judiciaire prétend être indépendant, il doit d’abord respecter la loi ».
Signalons que l’association Ntabariza promet d’embaucher 300 ex-détenus, libérées par la grâce présidentielle. « Nous commencerons ce travail dans la province de Ngozi le 4 avril 2025, où nous rencontrerons certains d’entre eux pour leur parler du travail qu’ils vont obtenir », a confié cet ancien détenu sans beaucoup de précisions sur le type de travail à proposer à ces anciens détenus.
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