Vendredi 04 avril 2025

Editorial

Gestion des minerais : à l’école du Botswana et de la Namibie

04/04/2025 0

« Le Burundi est une mine à ciel ouvert… Le pays regorge de minerais stratégiques très recherchés… Premier producteur de terres rares en Afrique, il se classe 9-ème mondial. » Et pourtant : « Le Burundi demeure l’un des pays les plus pauvres du monde, avec 87 % de la population vivant avec moins de 1,90 USD/jour, selon la Banque mondiale, et un PIB par habitant de 245,8 USD en 2023 », d’après le FMI.
Un paradoxe criant. Serions-nous victimes de la « malédiction des matières premières » ?


Les ressources naturelles du pays incluent le cuivre, l’uranium, le nickel, l’étain, la tourbe, les terres rares, la platine, le tantale, le cobalt… L’étain, le tantale, le tungstène et l’or dominent les exportations minières.
Dans le CSLPII, l’État ambitionnait de faire du secteur minier le pilier de l’économie, avec une contribution espérée de 30 % au PIB à l’horizon 2025. Les optimistes affirmaient que les revenus miniers pourraient dépasser ceux du thé, du café et du coton. Nous sommes en 2025. Cette ambition s’est-elle concrétisée ou a-t-elle échoué ?

Le pays traverse une crise économique sans précédent : dépréciation du franc burundais, inflation galopante, réserves en devises épuisées. Cette situation touche durement les denrées alimentaires, les médicaments, les matériaux de construction, le carburant…

Des questions se posent : : Quel est réellement l’apport des exportations de minerais au Burundi ? Y a-t-il une politique minière ? Quel circuit des minerais depuis la prospection, l’extraction, la commercialisation ? Le pays dispose-t-il d’une carte minière pour savoir exactement la localisation des minerais exploitables ? Que faire pour que nos minerais soient un facteur de développement ?

Les experts dénoncent une gouvernance déficiente : opacité, contrebande, corruption, absence de coordination, contrats mal négociés, sous-facturation, surfacturation…

Lors d’une émission à Rumonge, le porte-parole du gouvernement a promis que, désormais contrôlé par l’État, le commerce des minerais générera les devises nécessaires à l’importation du pétrole. « Les dollars viendront, et le carburant aussi », a-t-il assuré, appelant à un sursaut patriotique. Mais pour nombre d’observateurs, ces promesses relèvent du populisme.

Le vrai problème réside dans le manque de planification et de respect de la chose publique. Le Botswana et la Namibie démontrent qu’une gestion rigoureuse et transparente des ressources est possible. Le Burundi doit s’en inspirer.
Espérons que l’avertissement du Chef de l’État aux acteurs miniers ne restera pas lettre morte: « La tolérance zéro à toute personne qui sera coupable de détournement, de non-renseignement de fraude et de corruption dans le secteur minier ».

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