L’économiste Faustin Ndikumana, confie qu’avec une économie burundaise fragile, le pays n’est pas prêt à faire face au Coronavirus. D’après lui, les mesures qui vont être prises, devront tenir compte du niveau économique national.
S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 27 mars, cet analyste statue que cette pandémie mettra à genoux l’économie burundaise. D’après lui, l’impact au niveau du Burundi et au niveau africain va se ressentir.
M. Ndikumana explique que le confinement des pays développés égal réduction des économies africaines y compris celle du Burundi. Et de préciser que l’Afrique et le Burundi en particulier, devront se préparer économiquement pour faire face à cette situation.
« La majorité des recettes de pays africains sans oublier le Burundi proviennent des exportations. Où allons-nous exporter nos produits alors que ces pays sont confinés ?»
Pour le cas du Burundi, Faustin Ndikumana confie qu’avec une population à 70 % vivant au jour au jour, le pays n’est pas prêt à prendre la mesure de confinement.
Et de marteler que l’économie burundaise n’est pas en mesure de subventionner les entreprises et de donner des allocations aux chômeurs. « Si on arrête les activités, comment allons-nous vivre ?».
Pour lui, avant de prendre une mesure quelconque, il faut que le Burundi, tout comme les autres pays africains, puissent tenir compte de de leurs niveaux économiques.
Et de souligner qu’il faut prendre des mesures qui n’engendreront pas de mauvais impacts sur l’économie. « Il faut que le gouvernement fasse un réaménagement budgétaire, lui permettant à faire face à cette pandémie, limiter les dépenses inutiles, et prioriser la lutte contre ce fléau».
En plus de ces mesures à prendre contre le coronavirus, Faustin Ndikumana, insiste sur la conscientisation voire la sensibilisation de la population sur l’autoprotection.
D’après lui, ce n’est pas mal de s’en remettre au Tout-Puissant, mais il faudra aussi planifier des séances de sensibilisation sur cette pandémie tant dans le milieu scolaire que professionnel.
M. Ndikumana a aussi rappelé le rôle primordial qu’a le ministère de la Santé publique à jouer : il a le devoir de donner des informations vraies et prendre des mesures visant à réduire les mouvements non-essentiels tout en gardant les mouvements qui entretiennent l’économie.