<doc516|right>Une déclaration de reprise de la guerre, dans un pays blessé comme le nôtre, ne peut laisser personne indifférent.
Le moment de stupeur passé, les réactions n’ont pas tardé et l’on peut déjà tenter quelques hypothèses. La question que l’on peut se poser est la suivante : à qui profite la déclaration de guerre ?
Les choses sont loin d’être aussi simples. A un mois de la conférence des donateurs, quel intérêt aurait le pouvoir, à moins d’être foncièrement masochiste, pour faire un « montage d’une rébellion ». Surtout que le gouvernement clame que la sécurité est maîtrisée et qu’il est temps de s’atteler au développement… Politiquement, ce ne serait pas rentable.
L’opposition politique, Rwasa compris, craignant une chasse aux sorcières, a été la plus énergique à réagir pour dénoncer l’appel à la guerre. En effet, l’opposition non-armée, sous la houlette de l’ADC-Ikibiri, semble avoir pris l’option d’une lutte politique, et se bat par exemple pour la mise en place d’une Commission Électorale Nationale Indépendante rassurante pour tous.
Et si la question était là justement. L’ADC-Ikibiri et tous les militants d’Agathon Rwasa ont-ils la même lecture ? Et si Nzabampema représentait une autre voie. Radicale. Indépendante de Rwasa, de l’ADC-Ikibiri, du pouvoir.
Au rythme auquel ces deux dernières années les FNL ont été pourchassés, tués, Nzabampema pourrait-être le porte-parole d’hommes qui se disent qu’ils n’ont plus rien à perdre. D’autant plus que leur chef historique, Agathon Rwasa, englué dans l’ADC-Ikibiri, semble en perte de vitesse. Cette option n’est pas à écarter totalement.