 " L’actuelle expérience de la démocratie n’est pas un échec "
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mercredi 7 septembre 2011 à 11 : 06 : 48
Au-delà des tensions entre la société civile et le gouvernement burundais, les lecteurs d’Iwacu continuent d’apporter leurs regards sur la situation que traverse notre pays. En voici deux, en écho.
Par Hogi
le Burundi n’est encore qu’une démocratie "naissante", dont de nombreux volets sont encore à leurs balbutiements. nombreux sont ceux qui voudraient que - sans que tout soit parfait, certes - notre pays fonctionne comme une démocratie mûre.
cela est évidemment impossible pour le moment et la vérité est même encore plus cruelle : de nombreux avancés seront encore menacés pendant un certain temps et même remis en question. ce n’est que normal et ces échecs n’en sont pas en réalité.
si le gouvernement semble plus dure c’est bien parce qu’il n’est plus tout puissant, si nous avons connaissances de plus en plus de scandales, ce n’est pas qu’il y en a plus qu’avant (toute proportion gardée) c’est juste que les médias sont plus libres et plus performants, les dénonciations plus nombreuses ;
si les lamentations nous semblent plus nombreuses, c’est que la population est de plus en plus consciente de son droit d’exiger ; si même les magistrats se mettent à grever et à aller en prison, c’est que l’indépendance de la magistrature est déjà en marche maintenant. Le gouvernement en veut à la société civile et aux médias, il les rencontre et aucun consensus n’en sort... ce n’est pas un échec du tout, le gouvernement, même sans le faire exprès, les a traités d’égal à égal.
d’aucun me trouveront trop optimiste, voire naïf. ce n’est pas grave, je ne cherche aucune gloire, je ne suis qu’un anonyme après tout. des morts, il y en aura encore beaucoup, des emprisonnements arbitraires, des calomnies, des trahisons.. une vrai démocratie ça coûte très cher à une société, nous sommes entrain d’en payer le prix, et un jour prochain, le pays des Bashingatahe se remettra debout !
Par Démocrate
M. Hogi, excellente analyse. Votre sincérité touche mon cœur. Il fait bon d’entendre un démocrate convaincu, qui n’utilise pas les arguments traditionnels simplistes, tel que l’ethnisme, régionalisme, etc.
Je vous reproche néanmoins votre pessimisme et votre fatalisme. Quand vous affirmez " des morts, il y en aura encore beaucoup, des emprisonnements arbitraires, des calomnies, des trahisons.. une vrai démocratie ça coûte très cher à une société, nous sommes entrain d’en payer le prix", ma question est la suivante : est ce qu’on a pas encore payé suffisamment ?? 15 ans de guerre (officiellement), des massacres répétés, etc..
Qu’est ce que le Burundi a fait pour que en 2013, on atteindra 20 ans en étant dans la guerre civile. Ce n’est pas un prix juste ?? Vous êtes peut être parmi ceux qui disent : "En occident, la démocratie ça a pris 200ans, alors pour nous les noirs, incapable que nous sommes, je vous laisse deviner la réponse".
Non Mr Hogi, le Burundi mérite mieux, ce que la plupart regrette ici, c’est qu’un pouvoir issu d’une rébellion puisse gâcher cette rencontre avec l’histoire. On avait l’impression ou l’illusion que le Burundi était sur le droit chemin, quand l’on avait une opposition, un parlement qui contrôlait le gouvernement. On osait pas croire, qu’après les élections réussi de 1993 et 2005, en 2010, le pouvoir commettrait l’irréparable, en créant un précédent. C’est ce sentiment de rendez-vous manqué avec l’histoire, à cause d’individus qui ne sont pas si nombreux que ça, qui a du mal à passer. Sinon, le Burundi a assez payé, la classe politique burundaise, n’est pas parfaite, mais vraiment mure pour une confrontation des idées pour autant que le cadre s’y prête. Je ne partage pas les opinions des partis d’opposition y compris l’Uprona, mais quand j’entends certains de nos politiciens (nyangoma, léonce, sinduhije, manwangari, etc...), je me dis que l’on est pas si immature que l’on veut nous le faire croire.
Quand j’écoute les média, la société civile, etc.. je me dis qu’il manque d’un tout petit peu pour créer un système politique stable garantissant l’équité, et après on décollera sans doute.
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" L’actuelle expérience de la démocratie n’est pas un échec "
Bravo Mr Démocrate !!!J’avais lu seulement Mr Hogi et pas toi. Tu as tout à fait raison. Nous avons payé assez et le Burundi a des politiciens murs capables de mener des confrontations constructives, pourvu que les tenors du pvr acceptent cette confrontation pacifique. Un pouvoir qui diabolise et marginalise ses opposants joue une mauvaise politique et tend vers une dictature pure et simple. Cela n’est qu’une pure propagande qui ne fait que distraire l’opinion, ce qui est autre chose que gouverner. La propagande ne peut pas ètre éternelle. Si non, quand est-ce qu’on pensera à la politique économique et au développement du pays ? N’est-ce pas cela le premier souci d’un gouvernement qui se respecte ? On ne peut pas, dans une démocratie, prétendre que tout le monde applaudisse ce que le pouvoir fait. Un clin d’oeil à Mr Hogi : tu as raison dans ton exégèse de l’état de santé de notre démocratie, mais attention à ne pas faire l’apologie aux exactions de ce pouvoir sans souci du bien ètre commun. Ils n’ont aucune excuse en commettant ces erreurs ! Q’est ce qui a manqué à ce pouvoir pour ne pas rater ce grand rendez-vous avec l’histoire ? Et vous Mr Hogi, vous dites qu’il faut pardonner ce pouvoir parce que nous sommes une démocratie jeune ? Je crois qu’il manque la volonté et la compétence politique de la part du pouvoir actuel. Je ne crois pas non plus à ta fatalité. Le Burundi d’aujourd’hui a des dirigeants qu’il ne mérite pas. Nous devons tous donner notre contribution.
Par Subwingimbi ce mercredi 7 septembre 2011 à 12 : 41 : 06
" L’actuelle expérience de la démocratie n’est pas un échec "
Mr/Mme Démocrate, je partage entièrement l’idée que vous exprimez dans votre dernier paragraphe, nous touchons vraiment presque au but.
Et pour répondre à votre question,je pense que de lourdes pertes sont encore presque inévitables parce que parmi nos politiciens (tous bords confondus), il y en qui pensent encore à la violence comme option, à la politique de la chaise vide (plutot qu’à l’intensification d’actions alternatives), dans les rangs de nos merveilleux journalistes, il y en a qui ne sont pas encore apolitique dans leur travail, la même chose dans notre société civile pourtant exceptionnelle et courageuse.
Nos institutions ne sont pas encore fortes, elles se confondent encore trop souvent aux individus ou aux partis. Mais surtout, nous mêmes citoyens Burundais (particulièrement ceux instruits), nous avons encore cet esprit trop marqué d’éviter de nous investir dans ce qui nous concerne (sécurité, hausse de prix,..) et à ignorer la souffrance qui ne nous concerne pas encore. dans la tête de nombreux Burundais le raisonnement est encore simpliste : "nous avons raison, les autres ont tort", "on arrivera à rien avec ceux-là, il faut les écarter", "barya n’aba DD", "barya n’aba ADC" etc..
voilà pourquoi je pense qu’il y aurra encore du sang versé, des journalistes agressés, des fonds détournés aux vu et au su de tout le monde. Pour moi ce qui manque le plus, c’est l’implication des citoyens dans leur destinée (n’est-ce pas cela la démocratie ?)
Par hogi ce vendredi 9 septembre 2011 à 19 : 39 : 18
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