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 Bras de fer entre la mairie de Bujumbura et les organisations engagées dans la lutte contre la vie chère

Par [Cédric-Soledad Urakeza]
mardi 7 août 2012         à 12 : 39 : 00

« Le maire de Bujumbura, Evrard Giswaswa, doit cesser ses atteintes à la liberté de réunion », lance Pacifique Nininahazwe, délégué du Forum pour le Renforcement de la Société Civile (Forsc). C’était lors d’une conférence de presse de ce 6 août, à Bujumbura.

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Les représentants des organisations engagées dans la lutte contre la vie chère, lors de la conférence de presse. ©Iwacu
Les représentants des organisations engagées dans la lutte contre la vie chère, lors de la conférence de presse. ©Iwacu

Les organisations engagées dans la campagne contre la vie chère s’insurgent contre ce qu’elles qualifient de « pouvoir auto proclamé du maire de la ville de Bujumbura d’autoriser toutes les réunions en violation de la Constitution de la République du Burundi et de la loi en vigueur ».

Le 28 juillet, le président de l’Olucome adresse une correspondance au maire de Bujumbura, au nom des organisations. C’est pour lui annoncer la tenue d’une conférence publique pour le 31 juillet. L’objectif, rappelle le délégué général du Forsc, est de débattre, d’une part, sur le manque de courant électrique après la hausse des prix de l’eau et de l’électricité et d’autre part, sur la hausse des prix des produits de la Brarudi. Le maire a, dans sa réponse du 31 juillet, interdit cette conférence arguant que les délais exigés, pour informer ses services, n’ont pas été respectés.

Aucune loi au Burundi, précise Pacifique Nininahazwe, ne permet au maire d’autoriser des réunions et autres manifestations publiques. « Ses lettres constituent une violation flagrante de la Constitution de la République du Burundi qui garantit la liberté de réunion (article 32), des documents pertinents ratifiés par le Burundi et du décret n°100/187/91 du 31 décembre 1991 portant réglementation des manifestations sur la voie publique et réunions publiques », indique-t-il.

Le même jour (31 juillet), Gabriel Rufyiri informe le maire que la conférence publique est reportée au 7 août. Ce dernier, dans sa réponse, invite le président de l’Olucome à contacter les services municipaux de sécurité pour des mesures spéciales de sécurité et de lui faire parvenir le rapport y relatif.
Pourtant, l’article 7 du décret de 1991 stipule que l’administrateur communal ou le maire peut requérir les forces de l’ordre pour faire respecter la liberté de réunion, l’ordre public et la sécurité des personnes et des biens. « Ce n’est pas aux organisateurs de la manifestation de le faire. De plus les citoyens n’ont pas à négocier leur sécurité, c’est une obligation de l’Etat », précise M. Nininahazwe.

Entre temps, Evrard Giswaswa avait fait parvenir une lettre à tous les gérants d’hôtels à Bujumbura leur rappelant que toutes les conférences, séminaires, points de presse et autres manifestations, non organisées par l’autorité gouvernementale, doivent être préalablement autorisés par le maire ou son délégué. Mais les organisations engagées dans la campagne contre la vie chère informent le public que la conférence publique du 7 août à l’hôtel Water Front à 15h, reste maintenue. Elles invitent toutes les personnes intéressées à répondre positivement au rendez-vous.

La Constitution du Burundi, en son article 51, donne droit à tout Burundais de participer, directement ou indirectement par ses représentants, à la direction et à la gestion des affaires de l’Etat. Ces organisations demandent au gouvernement de rappeler à tous les administrateurs communaux et au maire leur obligation constitutionnelle de faire respecter les libertés fondamentales des citoyens en général et la liberté de réunion, en particulier.

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